• Chicas
    Un film de Yasmina Reza.
    Avec André Dussollier, Carmen Maura et Emmanuelle Seigner.
    Sortie le 10 mars 2010.
    Le site du film : Chicas
    • Drame
  • Synopsis :

    Pilar est espagnole et veuve. Elle a élevé ses trois filles en France. Amoureuse de Fernand, le gérant de son immeuble, elle organise chez elle un déjeuner de présentation. Une réunion improbable où la folie familiale l'emporte.

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Autour du film

Entretien avec Yasmina Reza

On vous connaît avant tout comme romancière, auteur dramatique. Qu’est-ce qui a motivé votre envie de « passer à la réalisation» ?

Une concordance d’événements m’a conduite à Chicas.
On me sollicitait pour le cinéma depuis très longtemps. Soit pour adapter mes pièces, soit pour que j’écrive des scénarios. A part à Didier Martiny (A demain et Le Pique-nique de Lulu Kreutz) dont j’aimais l’univers, j’ai toujours répondu : « Le jour où j’écrirai un scénario,  je le réaliserai moi-même » Le véritable auteur d’un film reste celui qui le réalise, pas celui qui l’écrit.
Au départ, ma culture est plus musicale et plus picturale que littéraire. J’ai aussi un goût très fort pour la photo.  Je portais sûrement un projet secret pour le cinéma mais rien ne se présentait comme allant de soi.

Comment est arrivée l’idée de Chicas ?

John Turturro a monté l’une de mes pièces, Une pièce espagnole, à New York. J’ai beaucoup aimé le spectacle et j’étais très enthousiaste lorsqu’il m’a dit qu’il avait envie d’en faire un film.
Un an plus tard, quand je suis revenue à New York, il était toujours attaché à ce projet mais j’ai senti que ce n’était pas pour demain ! Or il se trouve qu’Une pièce espagnole est construite sur le système des poupées russes : c’est l’histoire d’acteurs français qui répètent une pièce espagnole dont je m’étais amusée à écrire des bouts et dont j’avais inventé l’auteur : Olmo Panero. Comme elle n’était pas censée être de moi, j’avais écrit cette pièce fragmentée  avec une humeur et une liberté que je ne me connaissais pas. J’adorais ces personnages et j’ai toujours trouvé dommage de ne leur avoir donné que des instants inachevés. Je me disais qu’un jour peut-être, j’écrirais entièrement la pièce et la signerai : Olmo Panero.
Quand je suis revenue de New York avec le regret que le projet de John n’avance pas, je me suis demandée une fois de plus quoi faire avec ces personnages et tout à coup, il m’a sauté aux yeux que ce devait être… un film, réalisé par moi, uniquement à partir du texte d’Olmo Panero.

Pourquoi étiez-vous persuadée que ce travail d’écriture était destiné au cinéma ?

Parce que, d’une certaine façon, tout ce qui devait être dit par les mots l’était déjà. Mon désir d’aller jusqu’au bout de cette histoire fragmentaire relevait d’autre chose. J’ai peu changé de choses à l’anecdote proprement dite de la pièce signée Olmo Panero dans Une pièce espagnole : un dimanche, une mère invite ses filles à déjeuner pour leur présenter son nouveau fiancé. Mais à partir de ce noyau dur fortement théâtral – et que je n’ai pas cherché à esquiver dans Chicas, j’ai commencé à rêver à des situations silencieuses, un tissage d’images du présent, du passé, à l’Espagne – je connaissais Malaga et j’avais des lieux précis en tête -, à une certaine musique, bref à tout ce qui constitue la matière même du cinéma.
 
Réunir plusieurs personnages qui ont un lien fort, voir ce que cela provoque et comment chacun se dévoile dans ces interactions… Dans son approche de la nature humaine, Chicas est très proche de votre travail en littérature mais il me semble qu’il y a une différence importante : l’omniprésence de la féminité.

Je n’ai jamais abordé la féminité aussi frontalement, c’est vrai. En littérature, je me suis toujours plus ou moins cachée derrière des personnages masculins.
Il y a bien sûr des personnages importants de femmes dans mes livres et mes pièces, mais s’il me fallait exprimer quelque chose de vraiment intime, je transitais par le masculin. C’est difficile  à expliquer, cela a à voir avec un besoin de protection.
 Le cinéma m’a apporté cette protection par l’effet « paravent » de l’écran. C’est une sensation curieuse, on dirait que l’image est plus mystifiante… On peut se dévoiler sans en avoir l’air.

D’autant plus que ce dévoilement était relayé par les actrices…

Oui, j’étais aussi protégée et masquée par le corps des actrices. Ce n’était plus  ma voix, mais d’autres visages, d’autres corps - au théâtre aussi, il y a des acteurs, mais la proximité et la chair réelle changent la donne…

Ces quatre femmes sont toutes autant attachantes… Comment les avez-vous écrites et pensées les unes par rapport aux autres ?

Je fabrique les personnages avec plus d’instinct que de réflexion. Pour être très schématique,  je dirais que j’ai puisé chez moi, chez ma mère et ma soeur de quoi construire les quatre. Y compris le personnage de Mademoiselle Wurtz, qui est une figure importante du film.
Chicas n’est pas une autobiographie, mais il y a une dimension très personnelle dans ce travail…

Vous jouez sans cesse des oppositions entre ces quatre femmes mais jamais sur le mode : ce que l’une « réussit », l’autre le « rate ». On pense davantage à un passage de relais : ce que l’une n’a pas se trouve chez l’autre…

Ce n’est pas mon mode de pensée de me dire : réussite ou ratage. Les personnages peuvent se vivre comme ayant réussi ou raté mais mon regard sur eux n’est pas de cet ordre-là. Le cœur des choses pour moi, c’est la distance entre le rêve et la réalité : qu’est-ce qu’on espère, ou qu’on ne sait pas qu’on espère ? A quoi tient un destin ? Le film se termine sur le visage d’une petite fille qui lève les yeux au ciel : elle a la vie devant elle, qu’est-ce que celle-ci va lui apporter ? Dans la pièce bulgare que répète Aurélia, il est question de « l’atténuation de la solitude sous n’importe quelle forme. » Je pense que la gloire, l’amour, le travail… tout ce que l’on fait pour habiter le temps est en réalité motivé par ce désir d’atténuation de la solitude. La morale du film pour moi est contenue dans cette pièce bulgare…
 
Vos personnages sont davantage traversés que caractérisés par leurs humeurs et leurs réactions.

Une autre forme de pensée que je n’ai pas dans l’écriture est la forme psychologique. Tout est psychologique naturellement, dire que la psychologie n’existe pas est une idiotie ! Mais il n’y a pas de « logique » psychologique pour moi. J’ai toujours dit que je faisais un « théâtre de nerfs » et je pense la même chose des personnages de Chicas : ils ne sont pas gouvernés par la raison, ni même par les sentiments, mais par les nerfs, l’impatience. Quand on traite les personnages en faisant parler leurs nerfs, on les traite avec leur chair, on leur donne immédiatement une épaisseur. C’est une forme de raccourci beaucoup plus probant et moins convenu que l’utilisation d’éléments psychanalytiques ou autobiographiques. Par exemple quand Pilar dit à sa fille Nuria : « Je suis sûre que Gary te préfère avec les cheveux longs » et que Nuria réagit vivement : « Mais pourquoi tu dis ”Gary ” ? »… C’est une réaction épidermique sur un détail insignifiant, non sur une phrase visiblement agressive. Et pourtant cette crispation immédiate traduit une relation reconnaissable par tous.  Voyez le couple que forment Cristal et son amant à Toulouse : en deux scènes courtes, l’humeur entre eux change du tout au tout. C’est comme un nuage qui passe et on n’a pas besoin d’expliquer psychologiquement pourquoi. Les personnages sont changeants comme le temps et c’est de cette instabilité que naît la justesse… Disons que j’écris  dans une logique caractérielle ! Toutes les contradictions, les mauvaises fois et les incohérences, si elles sont pertinentes dans l’instant, fabriquent l’identité d’un personnage.

Dans cette famille, on peut s’envoyer ses quatre vérités en pleine figure mais aussi cancaner dans le dos des autres. Vous imbriquez bien ces deux registres de paroles…

Comme dans la plupart des familles, je pense. C’est le lieu idéal pour ces deux registres de paroles et c’est  tout ce que j’aime en écriture : la réactivité des relations entre les gens. En une fraction de seconde, ça dérape. Ce sont des dérapages de la vie courante qui n’ont rien de tragique, mais il n’empêche qu’ils sont très violents.

Dans Chicas, les personnages sont toujours mis en scène dans leur lien à l’autre, non pour eux-mêmes… On retrouve une caractéristique de votre théâtre, mais filmée avec les moyens du cinéma.

Même si je n’y suis pas toujours arrivée, je me suis toujours opposée à ce que mes pièces soient filmées. Parmi une série de raisons il y a celle-ci : la plupart des « captations » ne favorisent que les personnages qui parlent, ce qui est une erreur fatale.  Moi, j’écris davantage pour le personnage qui écoute que pour celui qui parle. La question qui se pose est : « comment l’autre réagit à ces paroles ? » Le cinéma a cet immense avantage de permettre de filmer vraiment ces interactions.

Et pourquoi l’idée de la présentation du nouveau fiancé de la mère comme prétexte de la réunion de famille ?

Il y a quelque chose de profondément émouvant dans la solitude d’un personnage qui vient d’ailleurs et qui doit faire ses preuves. Que ce soit dans un nouveau pays ou dans un salon, comme c’est le cas pour Fernand. Il est observé, jugé, évalué sur des critères qu’il ne peut comprendre... Pour moi, il n’y a pas plus poignant et dramaturgiquement fort que de mettre en scène un personnage dont il est écrit au départ qu’on va se moquer de lui. Fernand est la figure de l’étranger et il sert de catharsis aux autres personnages, qui se révèlent en sa présence.
Le statut d’intrus de Fernand fait écho au déracinement de Pilar et de ses filles. Pas un déracinement pathologique ou sociologique mais quand même, elles sont passées du soleil à un petit appartement HLM du pourtour de Paris, d’une langue à une autre, d’une culture à une autre… Mais au fond, est-ce que tout cela ne revient pas au même ?

Vos décors sont à la fois crédibles et inattendus, notamment l’appartement de Pilar.

Avec Denis Renault, on a cherché à la fois l’invention et le « vrai », on a cherché à être « quelque part » - je souffre souvent au cinéma de n’être nulle part.
L’appartement de Pilar est un mélange de pleins de choses : on y trouve des objets qu’elle a ramenés d’Espagne - des chaises, des vierges Marie… - mais pas trop car en même temps elle vit en France et veut être française… Un détail de décor permet de raconter beaucoup de choses : le papier peint fleuri dans sa chambre, la machine à coudre… Ce n’est jamais dit que Pilar coud, mais on voit cette machine, elle est présente. Et pour l’appartement de Cristal à Toulouse, je tenais au carrelage pour donner la sensation du sud, même si en vrai, il n’y a pas de carrelage dans les appartements toulousains. Denis a fabriqué un beau carrelage qu’il a peint lui-même.

Chacune de ces femmes a une façon bien à elle de s’habiller.

Pour les costumes, j’ai travaillé avec Nathalie Lecoultre, qui était déjà ma costumière au théâtre. C’est une collaboratrice exceptionnelle. Nous aimons toutes les deux la couleur, les imprimés, et elle comprend ce désir que j’ai d’être un pas à côté de la réalité pour être vraiment dans… la réalité ! Idée merveilleuse de Nathalie par exemple : le peignoir à fleurs que Fernand porte dans la  scène où ils regardent Nuria à la télévision. Est-ce qu’il est à lui ? Est-ce qu’il l’a chipé à Pilar ?

Et le choix d’Antoine Héberlé à la lumière ?

J’avais vu son travail sur Les Méduses de Etgar Keret et Paradise now de Hany Abu-Assad,  des films très différents mais tous deux marqués par un fort goût pour la couleur.
Dans Chicas, le cadre n’est jamais fixe, on a l’impression de flotter. La caméra est comme un œil, on sent la respiration humaine, on reste près des personnages. Il ne fallait  pas un enregistrement raide, mais pas non plus un mouvement ostentatoire ou heurté. Il fallait retrouver le bouger infime mais omniprésent de la vie. Tout le film a été tourné caméra à l’épaule ou en potence.

Comment avez-vous fait votre casting ?

Je suis partie du choix d’Emmanuelle Seigner. C’est une petite perle rare. Elle a un côté Marilyn, elle a en elle à la fois de l’enfance, de la sensualité et une très forte sensibilité… On aime la filmer. Elle est très belle, mais pas forcément tout le temps. Elle a de la chair, elle est accorte. Pour jouer le personnage de Nuria, je ne voyais aucune autre comédienne possible. Je pense en plus qu’elle est la seule actrice française de sa génération qui puisse être d’emblée crédible en star internationale.
Je l’ai appelée la première, avant même d’écrire, et j’ai eu la joie qu’elle me réponde positivement.
 
Et Valérie Dréville et Christèle Tual ?

Emmanuelle ayant des yeux bleus et des pommettes hautes, je voulais retrouver ces caractéristiques  chez les deux autres actrices qui jouent ses sœurs car je crois que le cinéma demande un minimum de crédibilité et d’osmose. Un jour que je parlais de ma recherche d’actrice avec une amie attachée de presse de théâtre, je lui ai dit : « Il me faudrait une Valérie Dréville. - Pourquoi vous ne lui demandez pas directement à elle ?! - Elle joue au théâtre 24h sur 24h, elle n’aura jamais deux mois à me consacrer. » Je l’ai quand même appelée, et elle était libre ! Je suis tellement heureuse que Valérie interprète ce rôle. C’est une actrice rare, très connue au théâtre mais qui reste encore méconnue au cinéma.
Quant à Christèle Tual, j’avais joué avec elle au théâtre l’une de mes pièces : La Luge d’Arthur Schopenhauer. En réfléchissant à Cristal et à ma sœur, grande et belle, j’ai pensé à elle. Elle a fait des essais et je l’ai trouvée parfaite.

Vous les avez toutes trois beaucoup métamorphosées physiquement…

Imaginez-vous une chose très amusante : il y a beaucoup de moi dans ces personnages, comme je vous l’ai dit, mais à la base, ce sont trois actrices blondes aux yeux bleus ! Alors comment m’identifier à elles ?! En les faisant immédiatement passer à la teinture ! Et j’ai demandé à Valérie de couper ses magnifiques cheveux longs… Elle était heureuse de cela, elle attendait depuis longtemps qu’on lui demande de changer de visage.

Et le choix de Carmen Maura ?

J’avais de l’admiration  pour Carmen, mais c’est Philippe Le Guay qui me l’a  conseillée pour Pilar. En réalité, je ne l’avais jamais vue dans des films français, je ne savais pas qu’elle parlait si bien français. Je pense, après avoir travaillé avec elle, que c’est une des plus grandes actrices que j’ai rencontrées.
Quant à André Dussollier, ça fait des années que je le poursuis pour le théâtre. Il m’a toujours dit non, et là, il m’a dit oui !

Et Bouli Lanners ?

J’étais en cours d’écriture quand Isabelle de la Patellière m’appelle pour me conseiller de voir Eldorado. Pas du tout dans l’optique de mon casting mais parce qu’elle pensait que le film risquait de me plaire. Non seulement j’ai beaucoup aimé le film mais la prestation d’acteur de Bouli Lanners. Il était à Paris pour sa promotion, on s’est rencontrés et je lui ai proposé le rôle du mari d’Aurélia.
Un mot sur Philippe Uchan, qui joue l’amant de Cristal. Je cherchais un acteur qui prenne naturellement l’accent de Toulouse. Il a un petit rôle, c’est très difficile, il aurait pu tomber dans la caricature. Je le trouve remarquable de précision et de finesse. 

Le cœur du film repose sur le déjeuner de présentation dans l’appartement de Pilar mais il y a des échappées spatiales - Toulouse notamment - et temporelles - comme les flash-backs sur l’enfance… Comment s’est passé le montage ?

Le montage étant pour moi l’étape la plus proche de l’écriture, il fallait que je travaille avec quelqu’un qui à la fois me comprenne et me résiste. J’ai eu la chance de tomber sur Monica Coleman. Nous avons commencé le montage ensemble après le tournage. Dans une très grande liberté. Nous avons commencé par défaire entièrement la structure du scénario, on a tenté plein de choses. Même si, pour finir, on est revenu à l’architecture originale, on s’est beaucoup amusées.
Chicas ne suit pas une histoire linéaire mais un fil émotionnel. La construction du film est à la fois simple et complexe. Elle se fonde sur un principe de rétroactivité. Tout prend sa place au fur et à mesure, et éclaire ce que l’on a déjà vu.

A la fin du film, un mouvement d’ouverture se dessine pour tous les personnages… Nuria est plus belle et star que jamais, Aurélia accède au plaisir du jeu, Cristal trouve un père heureux pour son enfant, Pilar est demandée en mariage par Fernand…

Oui, rien n’est clos, mais on peut quand même méditer sur la portée vraiment optimiste de cette fin… Comme le film n’est pas écrit de façon linéaire, on peut se dire que l’instant d’après, il pourrait basculer dans autre chose. Quitter les personnages dans un moment ensoleillé, comme l’est le tout dernier plan du film, n’est pas qu’heureux. C’est aussi déchirant : il y a le passage du temps par-dessus tout ça, l’image fige quelque chose qui n’aura plus jamais lieu, qui est déjà enfouie dans la nuit des temps…

Et le choix des Gipsy Kings pour composer la musique de Chicas ?

J’adorais « Viento Del Arena », que l’on entend à la toute fin du film, sur le terre-plein. C’est une chanson très ancienne qui m’évoquait l’exil, la nostalgie du lointain, et je m’étais dit en l’entendant : « Ce serait une musique de film assez poignante. » Ce n’était pas évident de contacter les Gipsy Kings : ce sont des gitans qui s’en foutent de leur carrière, ils ne se laissent pas attraper comme ça ! Finalement, on a mis la main sur eux, on leur a montré le film et ils ont composé la musique à l’image.

Que signifie exactement le titre du film ?

« Chicas » est un mot espagnol dont il n’existe pas de traduction correcte en français : c’est une appellation extrêmement tendre, un peu l’équivalent de « fille », sauf que cela marche de 2 à 95 ans ! Il n’y avait pas meilleur titre pour renvoyer à la féminité… « Chicas » est un mot qui claque, un mot gai, simple et beau.

Quel regard portez-vous sur cette première expérience de réalisatrice ?

Curieusement, j’ai moins l’impression d’avoir fait un film que d’avoir formulé certaines choses autrement. J’ai écrit des pièces de théâtre, des livres et maintenant il y a Chicas mais je ne suis pas « passée à autre chose ». Chicas est dans la continuité de ce que j’ai fait. Je le rattache à mes œuvres littéraires les plus personnelles et intimes : Conversations après un enterrement, Hammerklavier et Nulle part.

Propos recueillis par Claire Vassé