• L'Autre Dumas
    Un film de Safy Nebbou.
    Avec Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Mélanie Thierry, Dominique Blanc, Catherine Mouchet et Michel Duchaussoy.
    Sortie le 10 février 2010.
    Le site du film : L'Autre Dumas
    • Comédie historique et romantique
  • Synopsis :

    Alors qu'Alexandre Dumas et Auguste Maquet, son nègre littéraire, sont au sommet de leur collaboration,Maquet décide de se faire passer pour Dumas afin de séduire Charlotte, une admiratrice de l'illustre écrivain. Entre les deux hommes, l'affrontement est inévitable...

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Autour du film

DRÔLE D’HISTOIRE PAR GILLES TAURAND

 
La collaboration entre Auguste Maquet et Alexandre Dumas va s'échelonner de 1844 à 1851 et donner lieu à la parution de dix-sept romans parmi lesquels Les Trois mousquetaires, Le Comte de Monte Cristo, La Reine Margot, Le Vicomte de Bragelonne, Joseph Balsamo, Ange Pitou, etc. Des chefs d'oeuvre tous signés de la main d'Alexandre Dumas dont Maquet, lors d'un procès qui aura lieu en 1858, revendiquera la paternité. Le tribunal lui accordera 25% des droits d'auteur et lui refusera la co-signature. L'un entrera au Panthéon en grande pompe, l'autre finira incognito au Père-Lachaise, 54e division, chemin Montlouis.
Durant leurs dix années de collaboration frénétique, Dumas ne cessera de répéter qu'il ne pouvait se passer d'Auguste Maquet ! Il en parle comme « l'homme qui travaille peut-être le plus au monde, sort peu, se montre peu, parle peu, un esprit sévère et loyal jusqu'à l'excès. » Tout le contraire de Dumas et comme les contraires s'aimantent, ils vont devenir inséparables. Un couple infernal et fusionnel qui oscille constamment entre la haine et l'amour. Si Maquet prend du retard, Dumas s'affole : « Je suis complètement à sec, écrit-il, vite, un coup de collier ! » Et encore : « Que va-t-il arriver de Maurevel ? J'ai besoin de le savoir pour ne pas marcher tout à fait en aveugle ! » Si Maquet s'absente pour régler ses affaires de famille, Dumas se sent tout à coup impuissant. Le nègre est devenu le collaborateur indispensable, celui qui défriche, bâtit les plans du roman, se documente, archive, propose des intrigues et des dialogues. Le maître s'empare avec avidité de ces feuillets qu'il qualifie de « brouillons », y ajoute mille détails, refait les dialogues et... signe Alexandre Dumas.

À partir de quand un collaborateur parfaitement mimétique peut-il devenir un véritable co-auteur ? Telle est la question qui va miner peu à peu leur amitié. Au début de la période idyllique, Maquet refuse toute idée de contrat, jugée indigne d'une complicité aussi féconde. La parole loyale doit suffire à écrire de concert « un demi-million de lignes » ! Dix ans plus tard le nègre fait ses comptes, s'estime floué et le divorce est consommé.

Lorsque Frank Le Wita et Marc de Bayser, les producteurs de Film Oblige, m'ont proposé d'adapter «Signé Dumas», la pièce cruelle et drôle de Cyril Gély et Eric Rouquette, je n'ai pas hésité bien longtemps. Ayant lu sous la plume d'un biographe que « les deux hommes s'identifiaient si complètement qu'ils pouvaient se remplacer, tant la manière et le style se confondaient », je me suis dit qu'il serait amusant qu'Auguste Maquet se fasse un jour passer pour l'immense Alexandre Dumas. Tel est le point de départ de cette tragi-comédie. Bien sûr, vouloir devenir l'autre, c'est se perdre soi-même mais c'est aussi, pour un homme de l'ombre, la possibilité de croire, le temps d'un quiproquo, qu'il n'est plus un « pisse-copie » mais un maître des mots, un Don Juan irrésistible, un révolutionnaire à qui rien ne résiste... du moins en apparence.

Safy Nebbou a tout de suite mesuré les enjeux scénaristiques et cinématographiques de cette imposture initiale : transformer le château de Monte Cristo en ménagerie exotique et baroque, imaginer, au moment où les masques tombent, que la fête devienne un bal costumé orientaliste, ce ne sont pas des idées décoratives mais des vrais choix de mise en scène. Puisque le cinéma est avant tout un art de l'illusion, il y avait dans ce jeu de cache-cache avec la vérité un défi de fiction à relever, à l'opposé de la reconstitution historique ou de ce que l'on appelle aujourd'hui un « biopic ». Je trouve toujours fascinant de voir comment, à partir d'une « commande » qui vous est a priori étrangère, un metteur en scène peut réaliser une oeuvre aussi inspirée et personnelle.

ENTRETIEN AVEC SAFY NEBBOU

 
Comment ce projet est-il venu à vous ?

Safy NebbouJe lis Alexandre Dumas, dont j'aime la force de l'écriture, depuis l'adolescence. Et je connaissais l'existence de son nègre, Auguste Maquet. Je travaillais alors sur un autre sujet lorsque le projet m'est arrivé, de la part des producteurs Frank Le Wita et Marc de Bayser, par le biais de Jean-François Gabard, mon agent, et du scénariste Gilles Taurand, qui avait adapté pour Film Oblige « Signé Dumas », la pièce de théâtre de Cyril Gély et d'Eric Rouquette qui a eu beaucoup de succès en 2003. Bien qu'un peu « réticent » à l'idée de faire un film en costumes, j'ai été tout de suite séduit par le scénario et son point de vue : celui de l'homme de l'ombre.
La substitution d'identité, le nègre qui se prend pour l'écrivain, me semblait une très belle idée, avec un vrai potentiel de comédie, mais aussi de tragédie. J'avais comme tout metteur en scène, je crois, le désir d'y mettre ma patte. Mon envie de collaborer avec Gilles Taurand depuis très longtemps a fait le reste. Je n'ai d'ailleurs pas voulu lire la pièce de théâtre et nous avons avancé à partir de son adaptation. Il y a eu entre nous comme une évidence. Nous avons travaillé avec beaucoup de plaisir et de liberté sur la structure du film. Les dialogues de Gilles ont apporté une modernité, une justesse et un souffle qui m'ont emballé.

Y retrouviez-vous les préoccupations qui vous sont propres ?

Oui, et, en particulier la crise d'identité - un thème qui traverse LE COU DE LA GIRAFE et L'EMPREINTE DE L'ANGE, mes deux premiers longs métrages. Mais aussi l'obsession du « trop tard », ne pas avoir eu le temps de dire ou de faire, la crainte de passer à côté de sa vie, d'en être seulement le spectateur. Auguste Maquet n'existe pas, il est un illustre inconnu, c'est Dumas la vedette. Mais que seraient aujourd'hui Les Trois Mousquetaires ou Le Vicomte de Bragelonne sans la participation d'Auguste Maquet ?
Le film parle aussi des secrets de la création, de littérature, d'écriture, d'injustice. Maquet n'a pas le génie de Dumas ; il pourra passer des heures et des heures à écrire, ça n'y changera rien, le génie ne s'apprend pas.

De quelle façon perceviez-vous vos deux personnages ?


L'un, Maquet, a tout du gratte-papier laborieux et besogneux, il se consume de l'intérieur. L'autre, Dumas, a le génie de mettre en place ses textes et ses idées, il crée avec facilité et dans le plaisir, comme le montre la scène où ses feuillets s'envolent dans les dunes.
Comment vit-on dans l'ombre d'un grand homme ? Comment fait-on pour trouver sa place ? Le drame intime de Maquet c'est son admiration sans bornes pour Dumas et chacun sait que l'admiration, quand elle va jusqu'au mimétisme, jusqu'à la perte de soi, est un mélange explosif d'amour et de haine. Il ne va d'ailleurs pas signer de contrat d'auteur et n'arrivera jamais à démontrer réellement le rôle qu'il a tenu auprès du maître.
J'aime à penser qu'il s'est passé quelque chose de fort entre ces deux-là, comme le fera remarquer Dumas-fils à son père, dès que le succès finira par se dérober.
Auguste Maquet est une force créatrice pour Alexandre Dumas. Sans lui il désespère et n'arrive plus à écrire, comme dans cette scène où Maquet a disparu depuis trois jours et où Dumas fait le constat de son impuissance. Le génie foisonnant de Dumas a besoin de la rigueur méthodique de Maquet.

Vous jouez d'un paradoxe évident : Maquet, qui n'est pas très à l'aise avec la fiction dans l'écriture, se révèle excellent dans la vie puisqu'il endosse l'identité de Dumas avec un naturel confondant.

Abusée par la plaque apposée sur la chambre de Dumas dans l'auberge de Trouville, Charlotte, la révolutionnaire qui veut libérer son père, se méprend. Maquet se fait alors passer pour Dumas parce qu'il a un coup de foudre pour cette jeune fille. Mais surtout parce qu'on ne l'a jamais regardé de cette façon-là. On ne le regarde d'ailleurs pas et l'on écorche son nom. Il est bouleversé et savoure le sel de la notoriété. Au début c'est comme un jeu et puis il est submergé, pris à son propre piège. Il devient malgré lui le personnage de sa propre histoire et chaque jour, écrit une nouvelle page. Il y a aussi quelque chose de très narcissique, il existe enfin dans les yeux de quelqu'un : Charlotte. Et ça lui donne des ailes. Le changement d'identité est parfaitement justifié par la situation du nègre qui a toutes les raisons de vouloir devenir celui qu'il n'est pas. En devenant l'autre, il va non seulement changer de peau mais pouvoir vivre une histoire d'amour et de passion. Dans le « costume » de Dumas, Maquet devient un amoureux transi, un allié de la révolution en marche, le contraire même de sa nature.

L'AUTRE DUMAS semble, d'ailleurs, entretenir de ce point de vue-là des liens évidents avec l'époque que nous vivons.


Aujourd'hui, que l'on prenne La nouvelle Star ou n'importe quel autre programme de télé réalité, la reconnaissance semble, en effet, une fin en soi. Tout le monde la cherche, tout le monde la veut, même sans avoir accompli grand-chose pour l'obtenir. Réussir sa vie, c'est être forcément dans la lumière...
En revanche, sans doute le besoin d'idéal, personnifié par Charlotte, la jeune révoltée, est-il plus atypique.

On sent, à rebours, que vous luttez sans cesse contre la reconstitution ?


Nous voulions, avec mon équipe, ne surtout pas nous laisser piéger par l'époque et les codes du film en costumes.
Je me suis dit qu'il fallait filmer cette histoire comme si elle se passait de nos jours. J'avoue que je craignais un peu l'académisme qui colle à la peau de ce « genre ». J'ai donc tenté de m'en éloigner le plus possible en me faisant un petit cahier des charges : filmer le plus souvent à l'épaule en mouvement avec les personnages, éviter les plans larges de situation, pas de plans de grue, peu de plans de face, peu de champs contre champs, découper énormément pour recréer une dynamique au montage, demander aux acteurs de ne pas « jouer » l'époque, etc...
Le choix de Stéphane Fontaine comme chef opérateur allait aussi dans ce sens, il n'avait jamais fait de films d'époque mais plutôt des films très urbains ( DE BATTRE MON COEUR S'EST ARRETE, UN PROPHETE...). Nous n'avions que huit semaines de tournage au total, nous avons donc décidé d'utiliser deux caméras. Pour les acteurs, c'était la possibilité de jouer vraiment ensemble, d'éviter de donner la réplique off et d'être en situation. Pour moi, celle de multiplier les plans sans « user » les comédiens.

Vous avez tourné en décors naturels ?


Oui, j'ai d'ailleurs ressenti comme une bénédiction le fait de ne pas pouvoir travailler en studio, faute de moyens. Les studios autorisent à filmer dans tous les axes et me donnent la trouille. Nous avons finalement trouvé une liberté à travers les contraintes qu'au fond, j'adore. Et puis, avec Cyril Gomez-Mathieu, le décorateur et conseiller artistique, nous avons surtout cherché la bonne distance du décor, celle qui doit nous communiquer une sensation, une humeur et qui privilégie les circulations et les profondeurs de champ.
La présence des animaux exotiques tente de donner une dimension féerique et décalée à l'univers de Dumas en apportant une fantaisie, qui tranche avec le milieu un peu austère de Maquet.

Quelles étaient vos références ?


Avant tout le cinéma anglo-saxon, ELISABETH de Tom Hooper ou LES LIAISONS DANGEUREUSES de Stephen Frears, LE TEMPS DE L'INNOCENCE de Martin Scorsese et puis quelques films qui ont réussi à dépasser l'époque, comme SAINT-CYR de Patricia Mazuy ou LA REINE MARGOT de Patrice Chéreau.
Mais aussi des peintres comme Delacroix, Rembrandt, Vermeer... Les nombreuses biographies sur Dumas et en particulier celle d'Henri Troyat. Et puis, bien sûr, j'ai relu quelques romans de Dumas.

L'inauguration de Monte-Cristo joue sur le décalage. On y entend de la musique arabe. Et Dominique Blanc s'y déguise en Catherine de Medicis, un choix qui résonne comme un clin d'oeil à LA REINE MARGOT.

Oui et Benoît Poelvoorde en Mazarin, ce qui est un clin d'oeil à VINGT ANS APRES. C'est le bal des faux-semblants où seul Maquet avance masqué derrière une fausse identité.
Nous avons assez vite décidé avec Karen Müller-Serreau, la créatrice des costumes et Cyril Gomez-Mathieu de trouver un thème général à la fête. L'époque baigne dans l'orientalisme et Alexandre Dumas a toujours été fasciné par le monde arabe, il a aussi beaucoup voyagé en Asie. Son costume de tsar est inspiré d'une photo de Nadar après son périple en Russie.
J'ai demandé à Fawzy Al-Aiedy, qui est un grand chanteur et musicien irakien, de venir participer au film et je suis très heureux qu'il ait accepté.
 

L'Autre Dumas


Choisir Gérard Depardieu pour incarner un Dumas entièrement mû par ses appétits, ne comportait-il pas un risque de redondance ?

Je dois dire que Gérard Depardieu en Dumas s'est très vite imposé à tous, mais je me demandais s'il éprouvait encore l'envie de s'attaquer à un personnage comme celui-ci. Et où il en était avec son propre désir de cinéma ?
Et puis, ces dernières années, l'amalgame Depardieu/Dumas était un peu synonyme de télé, je crois que je ne l'assumais pas complètement. J'ai beaucoup parlé avec Claire Blondel qui s'occupe de Gérard chez Artmedia, en lui confiant à la fois mon désir de travailler avec Gérard et mes craintes, elle m'a beaucoup rassuré. Nous avons décidé, avec Bertrand de Labbey, de lui faire passer le scénario. Il a accepté tout de suite et m'a parlé du plaisir qu'il avait eu à le lire, de ce qu'il avait à se mettre sous la dent comme acteur, de la force des dialogues et des situations, de l'envie de jouer avec Benoît et avec Dominique.
Avant de tourner, je fais souvent des lectures avec les acteurs. J'en avais fait avec Benoît, Dominique et Mélanie. Lorsque j'en ai parlé à Gérard, par hasard, il m'a dit : « Et moi ? ». Le lendemain matin à 9 heures, il lisait Dumas et s'amusait comme un gosse.
Bon, je crois que j'étais heureux sans prendre vraiment conscience que j'allais tourner avec une légende du cinéma français.
Je l'ai prévenu que je me tiendrais tout près des acteurs, dans leur souffle et dans leur cou, et que je bougerais avec eux. Le texte ne devait pas les entraver. Mais Gérard l'a appris chaque jour.

Il a donc été Dumas.


En dix minutes. J'aime commencer le tournage par la première scène du film. Et puis, je me doutais que, sur un bateau, nous serions tous logés à la même enseigne. Gérard a commencé à dire ses deux premières répliques avec un peu d'emphase. Je me suis approché et je lui ai timidement glissé : « Il me semble que tu n'as pas besoin de jouer la truculence et la fantaisie de Dumas. Si tu attaques sur une note trop haute, tout le monde aura mal aux oreilles au bout de dix minutes, toi le premier. N'oublie pas que tu éprouves une immense tendresse pour Maquet... » Il y a eu un silence de mort et puis il m'a regardé au fond des yeux : « Tu as raison, il ne faut pas que je fasse du Depardieu, quand je me vois, je ne me supporte plus. »
Il est donc allé chercher Dumas dans la simplicité, sans forcer, avec subtilité, sincérité et humilité.

Et Benoît Poelvoorde ?

Je voulais travailler avec Benoît depuis longtemps et particulièrement, sur un rôle tragique. J'aime les clowns et encore plus les clowns tristes. C'est un acteur remarquable qui a de moins en moins peur de montrer sa fragilité. Nous avons cherché la ligne claire, une sorte de calme et d'épure.
Parfois il n'en pouvait plus du minimalisme dans lequel je le contenais. Il ressemblait à un cachet d'aspirine que l'on aurait jeté dans l'eau. Il retenait et en même temps, il bouillonnait à l'intérieur.
La rencontre entre les deux a beaucoup apporté au film. Ils ont eu un coup de foudre l'un pour l'autre, très fort, très tendre et ne m'ont pourtant jamais exclu. Au contraire je me suis senti porté par leur confiance et leur bienveillance.
Il régnait une très belle ambiance sur le plateau, due à ces deux-là, mais aussi à une équipe formidable et soudée.

Comment avez-vous choisi les comédiennes ?

Sans hésiter. J'ai toujours eu envie de tourner avec Dominique Blanc, j'aime son exigence et son travail depuis toujours. Je lui proposais un personnage haut en couleur. L'idée d'emmener Dominique sur ce terrain me plaisait beaucoup. Et à elle aussi.
J'avais envie qu'elle soit drôle, déconcertante, inattendue et lumineuse... Dominique a donné à Céleste toute son épaisseur et toute sa fragilité.

Le choix de Mélanie Thierry était-il évident ?

Je la connaissais mal, c'est son agent, François Samuelson, qui m'a proposé de la rencontrer. Alors que j'avais déjà vu beaucoup de jeunes actrices, nous avons fait des essais. Je me suis rendu à l'évidence, il n'y en avait pas deux possibles. Mélanie est une formidable comédienne qui donne à Charlotte sa dimension de jeune héroïne engagée. Elle a du caractère et du souffle, beaucoup de fantaisie aussi.
Et puis Catherine Mouchet, un rêve ! Depuis THERESE d'Alain Cavalier, j'éprouvais le désir de travailler avec elle. Elle apporte à Caroline Maquet, une force, un décalage, une profondeur, une musicalité si particulière. C'est une actrice rare.

Car ce sont les femmes, qui, dans le film, portent l'idéal révolutionnaire.

Oui, ici, les femmes agissent en oiseaux libres. Caroline Maquet (Catherine Mouchet) n'est d'ailleurs pas seulement gagnée par la fièvre politique, mais par la fièvre tout court, elle a envie de faire la fête et de retrouver un peu d'innocence...
Charlotte Desrives (Mélanie Thierry), de son côté, arrive à Paris pour mettre le feu aux poudres et faire « sa » révolution. Céleste Scriwaneck (Dominique Blanc) en a assez de se taire et ne supporte plus la lâcheté des hommes.
Les femmes incarnent l'irrévérence et la liberté.

Derrière la comédie, perce parfois quelque chose de tragique ?

Oui, L'AUTRE DUMAS est une tragi-comédie, cruelle parfois, drôle j'espère, une histoire d'amour et une aventure romanesque. Finalement, la grande histoire, c'est celle de ces deux hommes, de ce couple d'écriture. Ni la révolution, ni les femmes, ne réussiront à briser leur amitié créatrice. Lorsque l'on se rend sur la tombe d'Auguste Maquet, au Père-Lachaise, on peut y lire, gravé dans la pierre : Les trois mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo, La Reine Margot. C'est émouvant non ?
Dumas repose au Panthéon, Auguste Maquet dans un cimetière. Il entendait laisser une trace et donner du sens à sa vie. Deux préoccupations qui me semblent aussi essentielles qu'universelles.

BIOGRAPHIE DE SAFY NEBBOU

 
Safy Nebbou est né à Bayonne en 1968.
D’abord comédien, Il travaille pendant huit ans au Théâtre des Chimères et interprète des auteurs aussi hétéroclites que : Grumberg, Topor, Tchekhov, Molière, Valle-Inclan, Chédid, Feydeau…
Successivement animateur de stage et professeur d’art dramatique, il devient metteur en scène en créant une trentaine de spectacles entre 1989 et 1998.
Safy Nebbou a écrit et réalisé de nombreux courts-métrages primés dans le monde entier avant de tourner, en 2003, son premier long métrage : LE COU DE LA GIRAFE. Depuis 2004, il réalise également des films publicitaires pour des marques françaises et internationales.
L’AUTRE DUMAS est son troisième long-métrage pour le cinéma.
Il écrit actuellement son prochain film, L’AGE BÊTE, d’après Boileau-Narcejac, co-écrit avec Gilles Taurand.

FILMOGRAPHIE

1995
PORTRAIT DE PEINTRE (documentaire vidéo - cm)

1997
PEDAGOGIE (fiction – cm)

1999
LA VIE C’EST PAS UN PIQUE-NIQUE (fiction - cm)

2001
BERTZEA (fiction - cm)

2003
LEPOKOA (fiction - cm)
LE COU DE LA GIRAFE avec Sandrine Bonnaire, Claude Rich, Louisa Pili, Darry Cowl et Maurice Chevit

2005
UNE NAISSANCE (court-métrage pour ARTE dans la collection ENFANCES) avec Elsa Zylberstein et Pascal Elso

2008
L’EMPREINTE DE L’ANGE avec Catherine Frot et Sandrine Bonnaire

2010
L’AUTRE DUMAS avec Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Mélanie Thierry, Dominique Blanc et Catherine Mouchet