• L'ordre et la morale
    Un film de Mathieu Kassovitz.
    Avec Mathieu Kassovitz, Malik Zidi, Iabe Lapakas, Alexandre Steiger, Philippe Torreton et Sylvie Testud.
    Sortie le 16 novembre 2011.
    • Film historique
  • Synopsis :

    Avril 1988, île d'Ouvéa, Nouvelle-Calédonie. 30 gendarmes retenus en otage par un groupe d'ind?pendantistes kanak. 300 militaires envoyés depuis la France pour rétablir l'ordre. 2 hommes face à face : Philippe Legorjus, capitaine du GIGN et Alphonse Dianou, chef des preneurs d'otages. A travers des valeurs communes, ils vont tenter de faire triompher le dialogue.
    Mais en pleine période d'élection présidentielle, lorsque les enjeux sont politiques, l'ordre n'est pas toujours dicté par la morale...
    Une épopée violente et trouble qui marque le retour de Mathieu Kassovitz devant et derrière la caméra.

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Autour du film

Entretien avec Mathieu Kassovitz
 
Comment avez-vous été amené à vous intéresser aux événements d’Ouvéa et au personnage de Philippe Legorjus ?


Il y a treize ans, mon père m’a donné à lire le livre « Enquête sur Ouvéa », qui racontait, minute par minute, les événements d’Ouvéa. J’avais bien sûr quelques souvenirs – j’avais 18 ans à l’époque. Je me souvenais de ce que l’on avait dit à la télé, que les Kanaks avaient massacré des gendarmes à la machette avant d’en prendre d’autres en otage, qu’il y avait eu des décapitations, des viols... Je me rappelais de ce qu’avait dit Chirac, premier ministre à l’époque, que c’étaient des êtres humains qui ne méritaient pas d’être traités comme tels…


Dans ce livre, j’ai découvert une toute autre histoire. C’était le compte rendu d’une enquête qui affirmait qu’il y avait eu maltraitance, que des exactions avaient été commises qui avaient conduit à la mort de dix-neuf Kanaks. Ce livre qui racontait ces dix jours d’avril/mai 1988 était un véritable scénario. Tout au long de cette incroyable histoire, un personnage revenait sans cesse, était présent à tous les niveaux : le capitaine Philippe Legorjus, officier du GIGN envoyé sur place pour négocier avec les preneurs d’otage et qui s’est retrouvé pris dans les filets des militaires et des politiques. C’était entre les deux tours de l’élection présidentielle qui opposait François Mitterrand et son Premier ministre, Jacques Chirac, donc en pleine cohabitation…

Quelque temps plus tard, sur le tournage des RIVIERES POURPRES, l’un des acteurs, Olivier Rousset m’explique qu’il a vécu six mois en Nouvelle-Calédonie, en 89. Il me raconte comment il a été accepté là-bas, comment il s’est pris d’une grande passion pour ce pays et pour ses habitants. Il a séjourné là-bas en contact direct avec les gens qui ont vécu les événements d’Ouvéa. Depuis, il y est retourné plusieurs fois. Je lui ai alors demandé de m’organiser un voyage et de me faire rencontrer des Kanaks.
 
Y êtes-vous allé avec déjà l’idée d’en faire un film ?


Oui, je savais qu’il y avait une matière formidable et que le scénario était virtuellement écrit : dans le compte-rendu de ces dix jours, il y avait assurément l’architecture d’un film dramatique. Lors de ce premier voyage, en 2001, nous n’avons pas parlé du film, nous y sommes allés juste pour voir. Je voulais savoir à qui j’avais affaire. Je me demandais  comment monter un tel film et s’il était possible de le faire là-bas.


A l’époque, dix ans s’étaient écoulés depuis les événements mais les gens étaient toujours renfermés sur leur propre douleur. C’était un sujet tabou. Le travail de deuil n’avait pas
eu lieu. Il y avait beaucoup de conflits à l’intérieur même de la communauté kanak, des conflits religieux, des conflits politiques… 19 morts, cela touche des tribus, des familles qui sont toutes reliées entre elles d’une manière ou d’une autre… Olivier m’a fait rencontrer Mathias Waneux (figure importante de l’île d’Ouvéa, chef coutumier, élu de la Province des Îles et chef d’entreprise), qui joue d’ailleurs dans le film. C’est chez lui que nous avons vécu quand nous étions sur place. Il nous a guidés dans la coutume et il a plaidé notre cause auprès des différents camps. Mathias nous a prévenus que c’était peut-être trop tôt et qu’il faudrait probablement attendre encore dix ans avant de pouvoir en faire un film. J’ai passé dix jours à
découvrir le pays et ses habitants, et en rentrant, j’ai commencé à travailler sur un scénario. Les cinq années qui ont suivi, j’ai fait plusieurs voyages à la fois pour me documenter et pour
mesurer les possibilités que nous avions de pouvoir faire le film. A chaque fois, nous avons dû faire ce qui est au coeur de la culture kanak et qui s’appelle la « coutume ».
 
 
Comment définiriez-vous la « coutume » ?


La « coutume » est une discussion qui se termine par un accord tacite qui doit être tenu car il se fait les yeux dans les yeux. La société kanak est fondée sur l’échange de la parole. Celle-ci a une très grande valeur, elle engage ceux qui l’échangent et donne à chaque chose une dimension sacrée. En Nouvelle-Calédonie, tout est régi par la « coutume ». Ce sont des discussions très intéressantes - je n’en ai jamais eu de pareilles ailleurs - elles peuvent durer des heures, voire des jours entiers... Il y a un temps pour la parole, un temps pour l’écoute, un temps pour la décision. Nous avons fait tout ce travail avec Olivier. On nous a dit : «Vous pouvez faire le film si tout le monde est d’accord. – Qu’est-ce que ça veut dire, tout le monde ? – Déjà toutes les familles des victimes, et puis tous les gens qui sont dans la « coutume » et qui ont leur mot à dire…» Nous nous sommes ainsi retrouvés plusieurs fois devant quarante personnes à expliquer ce que nous voulions faire et pourquoi nous voulions le faire. Ce qui ne me facilitait pas la tâche, c’est que dès le début, j’ai voulu raconter cette histoire du point de vue de Philippe Legorjus que beaucoup de Kanaks considèrent comme un traître puisque, justement, il n’a pas tenu – ou pas pu tenir - sa parole.
 
Pourquoi cette volonté de passer par le regard de Legorjus ?


Parce qu’il est le fil rouge de toute cette affaire. Parce qu’il a vécu humainement quelque chose de difficile, de surprenant, d’intense. À l’époque, je ne l’avais pas encore rencontré mais j’avais lu son livre, “La morale et l’action” qui montre tellement bien tout ce qu’il a vécu, tout ce qu’il a traversé; comment une véritable confiance s’est nouée entre lui et le leader des preneurs d’otages, Alphonse Dianou, et comment il a dû la trahir, malgré lui… C’est du Shakespeare ! En plus, cette vision était pour moi assez facile sinon à défendre en tout cas à expliquer : je ne suis pas kanak, je ne suis pas là pour défendre la cause kanak mais pour exprimer cette vision compréhensible par un grand nombre de spectateurs.


L’histoire d’un homme blanc qui pourrait être notre voisin qui découvre d’autres individus d’une autre culture et vit quelque chose de fort. C’est à travers les yeux de Legorjus que nous
allions découvrir le problème politique et humain. Je l’expliquais aux Kanaks pendant la coutume et ils me disaient : «Oui, mais c’est un traître.» Je leur répondais que le but du
film n’était pas d’en faire un héros, ni un traître d’ailleurs, mais simplement de raconter ce qu’il avait vécu… Au cours de ces coutumes, nous nous sommes retrouvés dans des situations
assez extrêmes mais qui se sont toujours bien finies puisque nous étions dans le dialogue. On avait souvent affaire à des gens très méfiants envers les blancs, envers les métropolitains.


Des jeunes de 25 ans, qui avaient 5 ans quand leur père ou leur oncle ont été tués, qui vivent avec ce souvenir-là, avec cette image de ce père ou de cet oncle couché à terre, une balle
dans le corps. Et c’est d’autant plus terrible que personne n’en parle, qu’il y a un énorme point d’interrogation sur ce qui s’est réellement passé – ce qui, du coup, déclenche tous les
fantasmes. Certains nous reprochaient de vouloir rouvrir les plaies, et nous, on essayait de leur expliquer que c’était peut-être au contraire une manière de les cicatriser.
 
Pouvez-vous nous dire ce qui vous touche le plus dans cette histoire ?


Les relations qui se nouent entre cet officier du GIGN et ce jeune leader indépendantiste. La rencontre de deux personnalités qui se comprennent tout de suite. Ils ont tous les deux les mêmes ambitions et les mêmes besoins de justice. Le GIGN, ce n’est pas n’importe quel corps d’armée. Ce sont des hommes qui ont une philosophie, une éthique. S’il y a un mort dans
une opération, dans un assaut, ils considèrent que c’est un échec. Legorjus a voulu être moine, il s’est battu en mai 68 contre des unités CRS auxquelles il a ensuite appartenu. Alphonse Dianou a lui aussi voulu être prêtre, il a fait sept ans d’études théologiques, et ensuite, il s’est investi dans un combat qu’il ne voulait pas forcément mais qu’il a embrassé complètement, jusqu’au sacrifice. C’est passionnant d’avoir affaire à des personnages à la fois aussi contradictoires et aussi proches. J’ai demandé à Philippe : «Etes-vous devenus amis ?» et il m’a répondu : «Ce n’était pas de l’amitié, mais de la fraternité…» Ce qui me touche en premier, c’est l’aventure humaine. Et immédiatement après, la terrible injustice de toute cette histoire.

Dans un monde non pas parfait mais juste normal, on aurait laissé le temps à Legorjus de trouver des solutions et personne ne serait mort. Toute la problématique politique qui s’est révélée au fur et à mesure que j’avançais dans l’histoire est passionnante. Comment des politiques sont prêts, pour servir leurs intérêts, à sacrifier des otages ? Comment aussi il y a un manque évident de respect, de dialogue, bref d’intelligence… C’est quelque chose
qui me parle, parce que dans une moindre mesure, c’est ce qui se passe en banlieue… Et puis, il y a dans cette histoire une universalité qui me subjugue. La façon dont on pille les richesses d’une population en leur imposant des règles, des lois qui ne peuvent pas fonctionner chez eux. Avec, par-dessus tout cela, la pression, l’enjeu du deuxième tour d’une élection présidentielle !
 
Qu’est-ce qui était le plus difficile dans l’écriture du scénario ?


Vous avez deux heures pour raconter dix jours d’une histoire extrêmement complexe aussi bien au niveau historique, culturel, social, militaire, politique… Chaque scène doit avoir
son importance, tout doit être parfaitement compris et rien ne doit être réducteur. Comment faire sans trop romancer, sans s’éloigner de la réalité, tout en étant dans un rythme de cinéma
? Comment réduire ces dix jours en deux heures tout en les sublimant cinématographiquement ? C’était cela le vrai challenge et ça nous a pris beaucoup de temps pour y parvenir… Je pense
qu’au bout du compte, j’aurai fait vingt cinq versions du scénario ! Après mon premier voyage, j’ai écrit une première mouture avec un scénariste mais je me suis vite aperçu que nous n’étions pas partis dans la bonne direction. J’ai tout repris à zéro, en n’oubliant jamais que l’on devait être en permanence avec Legorjus puisque tout est vu à travers lui. Ensuite, j’ai ressenti le besoin de demander à Benoît Jaubert dont le père était militaire, de m’aider - justement pour clarifier les rapports des militaires entre eux. Enfin, Serge Frydman nous a donné un petit coup de main sur les dernières versions.
 
Vous n’avez pas impliqué Philippe Legorjus dans le processus d’écriture ?


Non, je ne l’ai même rencontré qu’une fois le projet bien enclenché mais ensuite je lui ai fait lire assez vite toutes les premières versions du scénario. J’avais besoin qu’il me donne son avis sur la direction que nous avions prise, qu’il me corrige, qu’il rectifie des erreurs d’appréciation possibles. Je savais à quel point cette histoire est importante pour lui. Ces dix jours ont marqué son existence à jamais. Depuis, il a complètement changé de vie. Peu de temps après, il s’est mis en réserve de la gendarmerie puis il a quitté l’armée. S’il y était toujours, cela m’aurait d’ailleurs posé quelques problèmes. Mais là, on ne peut mettre en doute une seule seconde sa sincérité, son honnêteté, son intégrité. Il est très respectueux de son arme mais il a aujourd’hui encore une véritable aversion pour la lâcheté des hommes politiques. Ça m’a surpris et aussi… rassuré sur le personnage !
 
Et vous avez fait lire le scénario aux Kanaks aussi ?


Oui, nous avons fait le même travail avec les Kanaks. Mais quand vous arrivez dans un village où tous les gens qui n’en ont jamais lu veulent lire le script et que dès la page 2 qui
commence par «Legorjus se réveille chez lui», on vous dit : «Mais qu’est-ce qu’on fait chez Legorjus ? », vous vous dîtes que vous n’êtes pas au bout de vos peines ! En même temps, ce qui a été important pendant toute cette période-là, c’est que cela a permis des retrouvailles.
De nombreux Kanaks, dont Mathias Waneux qui était un peu le porte-parole, ont eu besoin d’expier ce qui s’est passé et de rencontrer les familles de gendarmes. C’est un travail qu’eux
seuls pouvaient faire et ils ont vu à travers ce projet l’opportunité de les rencontrer et de rencontrer Legorjus. Pour lui aussi, c’était important de les retrouver, de leur expliquer son comportement. C’était essentiel - y compris pour que le film puisse se faire – que ces gens-là arrivent à communiquer pour essayer de faire la paix avec leurs propres angoisses et leurs fantômes. Pendant cinq ans, nous avons effectué un travail de fou. A tous les niveaux.
 
Avez-vous dès le départ envisagé de jouer vous-même Philippe Legorjus ?


Non, j’ai d’abord cherché des acteurs mais je me suis vite rendu compte que cela allait être long et compliqué de faire le film. On ne cessait de passer du « Oui on peut le faire» au «Non, on ne peut pas le faire ». Je ne pouvais donc pas bloquer un acteur sans être sûr de tourner au final et du coup remettre en jeu à chaque fois le financement du film. Mais surtout, très  rapidement, j’ai réalisé que, vis-à-vis de mes interlocuteurs, c’était la meilleure preuve de mon implication totale dans le projet. D’un côté, je n’avais pas trop envie parce que c’était un film difficile à faire et que j’aurais été plus à l’aise juste derrière la caméra. De l’autre, j’ai compris que le film ne se ferait, y compris au niveau du financement, que si je le portais de A à Z. C’était important pour toutes les personnes impliquées que ce soit moi qui joue Legorjus. Cela authentifiait totalement ma démarche.
 
Qu’est-ce qui était le plus compliqué pour vous comme acteur ?


Le vrai Legorjus est un professionnel qui ne se laisse pas aller aux émotions car elles pourraient obstruer son jugement. Avant de le rencontrer j’avais imaginé un personnage beaucoup plus romantique et cinématographique, mais son professionnalisme est en fait devenu l’axe central du film, tant du point de vue de la réalisation que de celui du jeu et me permettait d’effacer son jugement personnel de l’histoire que je racontais pour laisser l’Histoire avec un grand H prendre le dessus. Ce n’est pas SON histoire, il est juste notre guide. Savoir que Legorjus n’avait pas pleuré ou n’élève pratiquement jamais la voix m’a donné le rythme du film et son point de vue. En fait, j’avais le même souci comme acteur et comme réalisateur, c’était de garder la tête froide. Je savais que je ne devais pas céder à la panique et, en cas de galère, à garder les troupes concentrées aussi bien que ma ligne directrice.
 
En dehors de vous, Sylvie Testud, Philippe Torreton et Malik Zidi, il y a peu de visages connus parmi les acteurs.


Mon problème, c’était de trouver qui allait jouer Alphonse Dianou. En métropole, il y a, je crois, cinq acteurs kanaks répertoriés dont quatre étaient impossibles à envisager à cause de
leur âge… On s’est posé la question de tourner avec des Africains, avec des Antillais mais très vite, on s’est dit que ce n’était pas possible. Nous pouvions changer d’endroit mais on ne pouvait pas ne pas le faire avec des Kanaks. Pour le rôle d’Alphonse, je cherchais dans les villages, je cherchais à Nouméa, je cherchais partout. En même temps, je réalisais qu’une fois trouvé, ce Kanak allait se retrouver dans une situation périlleuse. Aurait-il le droit légitime de jouer Alphonse s’il ne faisait pas partie de la famille ? Est-ce que sa tribu accepterait ? Est-ce que sa famille accepterait ? Ce n’était pas juste trouver un bon acteur…


Et puis, mon directeur de casting est tombé sur Iabe Lapacas, un Kanak qui vit aujourd’hui en métropole et qui fait des études d’avocat. Il se trouve qu’en plus c’est un cousin d’Alphonse Dianou… Il a accepté après avoir demandé l’autorisation à sa famille et il a assumé son choix. L’unique travail que j’ai fait avec Iabe, c’est de lui apprendre les bases du travail d’acteur : la respiration, le placement de la voix, le rythme… Le reste s’est fait tout seul. Et cela a été la même chose avec Philippe de Jacquelin Dulphé qui joue le Général Vidal qui est, lui, un vrai militaire, un ancien colonel. Lui aussi est arrivé avec l’envie de raconter certaines choses
sur les militaires. Quand je réfléchissais au casting, je me disais : « Il va y avoir un Kanak qui n’a jamais fait de cinéma pour jouer Alphonse, il sera entouré d’une trentaine de gars qui n’auront jamais fait de cinéma non plus, et en face d’eux qu’est-ce que je mets ? Des comédiens connus, de vrais acteurs ? » Je suis plutôt allé chercher du côté des anciens militaires, des légionnaires, des hommes du GIGN, dont certains vivaient sur place, et puis je les ai mélangés à de vrais comédiens. Cela mettait tout le monde un
peu en danger.
 
Avez-vous travaillé avec le GIGN ?


Non, le GIGN n’a pas pu s’impliquer directement dans le film mais nous avons travaillé avec des personnes qui y ont travaillé, qui sont aujourd’hui conseillers pour le cinéma et qui nous ont fait faire un vrai stage d’entraînement pendant une semaine. Cela a soudé le groupe tout en cassant un peu les égos. La plupart ont vraiment joué le jeu. C’était difficile pour eux parce que le tournage était quand même assez tendu. Il y avait d’un côté ceux qui jouaient les types du GIGN et de l’autre des Kanaks dont les parents avaient été tués par des militaires… Il y a eu quelques explications, il fallait bien que chacun trouve ses marques mais c’était une aventure géniale à vivre. 150 figurants qui dormaient dans des tentes et venaient tous à vélo sur le plateau !